Interview exclusive d’un ancien militaire d’extrême-droite sur l’affaire Jürgen

L’affaire Jürgen continue de déchaîner les passions et il n’est pas inutile de rappeler que par le passé, d’autres militaires estampillés « extrême-droite » ont déjà été pris à parti par les médias au seul titre de leur implication en politique. C’est dans ce cadre que Hervé Van Laethem, co-président du mouvement NATION et ancien militaire, a exceptionnellement accepté de répondre à nos questions et de livrer son ressenti sur les événements en cours en Belgique, lui qui fut jadis au centre d’une campagne de presse pour son engagement patriote. Nous vous livrons ici l’intégralité de cette entrevue.

Q) Pouvez-vous nous raconter votre  parcours au sein de la Défense ?

R) Avant tout de mon temps, on osait encore appeler ça les Forces Armées, bien  loin de ce terme administratif inodore et insipide de « Défense ». J’ai donc été militaire de carrière de 1981 à 1997. J’ai servi comme sous-officier en unité combattante (infanterie blindée) avec comme fonctions chef de section, puis adjoint de peloton et enfin instructeur dans un détachement spécialisé de combat anti-char (NDLR : A l’époque, l’URSS (et ses dizaines de milliers de chars) était la menace n°1 pour notre armée). J’y étais, entre autres,  comme spécialiste de l’identification des véhicules blindés.

A la fin de ma carrière, je fus instructeur dans un Centre d’Instruction.

J’ai démissionné en 1997, un peu déçu de l’évolution de l’institution mais aussi car l’intensité de mon engagement militant devenait problématique par rapport à l’exercice de mon métier, mais on y reviendra je suppose.

Q) On y vient tout de suite même. Vous avez en effet vous-même été épinglé à une époque dans la presse en tant que « militaire d’extrême-droite » ─ de manière toutefois moins tragique que Jürgens Conings ; comment vit-on cela lorsqu’on est encore en service actif ?

R) D’abord comme vous le dites, ce qui m’est arrivé n’a aucune commune mesure avec la véritable chasse à courre livrée à Jurgen Conings.  

Mais bien entendu, c’est un peu particulier quand vous allez travailler le matin alors que la veille, tel ou tel magazine ou journal vous a cité (photo à l’appui) comme « casseur d’extrême-droite » en précisant votre métier et votre unité…Mais comme les réseaux sociaux n’existaient pas, ce genre d’article ne se répandait pas trop vite. Par contre, quand une officine gauchiste écrit au Ministre de la Défense socialiste Guy Coeme (condamné d’ailleurs entretemps pour diverses magouilles) pour me désigner comme meneur d’un groupe d’extrême-droite, tout de suite ça donne une autre résonnance.

Mais j’ai toujours essayé de me battre pour faire respecter mes droits. Or à l’époque dans le règlement militaire A4, il était reconnu aux militaires le droit d’exercer des activités politiques légales, certes avec certaines restrictions. Comme bien évidemment ne pas faire de la politique au sein des Forces Armées, ne pas faire état de son statut de militaire lors de ces activités politiques, limitation dans ses responsabilités politiques et interdiction d’être candidat aux élections. Je me suis toujours tenu à cela et donc malgré les pressions et les mises en garde, j’ai toujours tenu bon.

J’en fus d’ailleurs assez mal récompensé puisque certains du camp nationaliste, avec leur élégance habituelle, se mirent à dire que c’était suspect que je reste à l’armée. Enfin, vous connaissez le vomi habituel. En fait, j’estimais que j’étais dans mon bon droit et qu’il fallait que je défende ce principe pied à pied. Si à l’époque, certains partis nationalistes avaient soutenu mon combat au lieu de faire attention à leur « respectabilité », les chasses aux sorcières contre d’autres militaires seraient aujourd’hui peut être juridiquement beaucoup plus difficiles à lancer.

Ceci dit, quand vous faites bien votre métier et j’ai cette prétention-là, il est toujours plus difficile, mais pas impossible bien entendu, de vous sanctionner : pertes de votre degré de sécurité (ce qui vous enlève certaines opportunités de fonction), retard à l’avancement, etc… C’est peut-être ce genre de mesures qui ont provoqué cette réaction chez Jürgen Conings.

Pour ma part, déçu par la mentalité en devenir des Forces Armées et sachant que certains soucis judiciaires (j’avais traité un peu vigoureusement un stand et des militants PTB) faisaient qu’en cas de condamnation judiciaire, mes jours étaient compté dans l’institution, j’ai donné ma démission et ai commencé une carrière dans le secteur privé.

Q) Quelle est votre analyse de l’affaire Jürgen Conings ? Les médias le présentent comme un terroriste d’extrême-droite surveillé par l’Ocam depuis 2019, est-ce bien crédible ?

R) Il y a avant tout le facteur humain. Je pense qu’on a plus à faire ici à quelqu’un qui a un burn-out dû à des facteurs personnels ou/et professionnels (peut être que sa hiérarchie lui mettait la pression) et qui décide de « renverser la table » en mettant par écrit des ressentis sociétaux, ce qui a permis de lancer cette hystérie politico-médiatique.

Maintenant, il est aussi possible que la diabolisation à outrance et la répression contre la mouvance nationaliste puisse pousser des gens à se radicaliser dans l’action. C’est d’ailleurs peut être aussi l’espoir des autorités, afin d’enfin pouvoir faire interdire certains mouvements politiques. Cela ferait d’autant plus de sièges de députés à récupérer pour placer les copains et les coquins.

Il y a ensuite cette histoire de liste OCAM. Là aussi, rien n’est clair. Certains disent qu’il est sur cette liste depuis 2019, d’autres depuis février dernier. Mais personne ne pose les bonnes questions. Sur quels critères objectifs met-on quelqu’un sur cette liste ? Qui contrôle l’utilisation de ces listes ? Pourquoi n’a-t-on pas le droit de contester sa présence sur cette liste ? Et surtout : qu’implique en termes de limitation de certains droits, le fait d’être mis sur ces listes ? Je dis ces listes car manifestement, il y en a plusieurs. Il y a en effet celle reprenant la liste de gens politisés et potentiellement violents (dans laquelle, rappelons que l’on retrouve plus de 600 personnes de la mouvance djihadiste pour 19 « de droite »…). Mais il en existe aussi une avec des personnes qui « prêchent la haine ». Cette liste est encore plus sulfureuse car en effet, encore une fois, qui décide de ça, sur quels critères ? (alors que les fichés n’ont pour l’essentiel jamais été condamnés pour racisme)…Les grands défenseurs de l’état de droit sont particulièrement discrets sur le sujet…

Enfin, il y a le décalage complet entre le fait que l’intéressé était sur une telle liste et le fait qu’il ait eu accès à des armes du type LAW (des roquettes antichars). De même, sa lettre qui prévient de ce qu’il va faire…va par définition l’empêcher de le faire. Et si on lit sa lettre d’adieu, à l’exception de quelques remarques sociétales, on est quand même loin de la revendication politique et idéologique de fond.

Personnellement, je pense que les autorités politiques ont avant tout voulu monter en épingle, un « pétage de plomb » d’un gars marqué « extrême-droite » (sans d’ailleurs qu’on sache bien s’il y était actif ou non) et qui se trouvait sur la liste OCAM.

N’oublions pas que le gouvernement Vivaldi a une obsession : limiter la poussée du Vlaams Belang aux prochaines élections. Et pour cela, tous les moyens seront bons. Même s’il semble qu’ils aient encore tout faux puisque c’est l’effet inverse qui se passe et qu’il y a un vrai soutien populaire à Jürgen Conings qui est vu, en fait, comme le symbole du « petit » qui fait paniquer tout un système médiatico-politique qui est de plus en plus impopulaire au sein de la population.

Sans compter que cela permet aux autorités d’avoir un prétexte pour effectuer des perquisitions (déjà 10 à ce jour !). Perquisitions qui servent avant tout à se documenter sur la mouvance nationaliste.

Q) Beaucoup font écho d’un verrouillage de l’armée par des lobbies politiques qui empêchent les hommes et femmes de droite d’accéder à certaines fonctions. Qu’en pensez-vous ?

R) C’est bien certain et pas qu’à l’armée. Et à l’armée, ça ne date pas d’hier !

Tout le monde sait que pour passer général, il faut être attaché à un parti de gouvernement.

Mais c’est aussi au niveau de la mentalité générale. Si dans les années 80, il y avait encore des officiers supérieurs avec une sensibilité patriotique bien marquée, ils ont progressivement été remplacés par des gens beaucoup plus lisses voyant l’engagement militaire sur un plan uniquement  technique, sans pour autant véhiculer d’autres valeurs. Mais ils étaient néanmoins encore compétents même si liés à des partis.

Aujourd’hui, seul compte d’être lié à un parti et la compétence est bien moins de mise.

Q) Un mot de conclusion ?

R) J’espère bien évidemment que cette histoire ne va mal finir pour personne et que les forces de l’ordre ne vont pas se laisser aller à cette sorte de « permis de tuer » que l’on semble leur avoir donné.

Nous remercions Hervé Van Laethem d’avoir répondu à nos questions.

11 réflexions sur “Interview exclusive d’un ancien militaire d’extrême-droite sur l’affaire Jürgen

  • 24/05/2021 à 11:04
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    M. Van Laethem dit : «Tout le monde sait que pour passer général, il faut être attaché à un parti de gouvernement.»
    Eh bien non, je ne le savais pas. Jamais, je n’en ai entendu le moindre mot. Ceux (et surtout celles) à qui j’ai posé la question ne le savaient pas non plus.
    En revanche, pour ce qui concerne le personnel de la « justice » (!), personne ne l’ignore…
    Je trouve bizarre cet incroyable déploiement de force pour un seul homme, un Belge, fût-il armé, dangereux, mais le pire crime qui soit, d’extrême-droite, alors qu’on n’a personne pour éradiquer les émeutes et les exactions de plus en plus nombreuses et violentes de la racaille !

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    • 24/05/2021 à 18:51
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      Pour passer Général, il faut surtout être de la loge des frères de la truelle !

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    • 25/05/2021 à 09:56
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      c’est bien dit rien d’autres à ajouter

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  • 24/05/2021 à 12:01
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    une chose : quid de la réponse a une éventuelle invasion de la belgique si l’armée n’est plus l’armée ??

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  • Ping : Un ancien "militaire d'extrême-droite" s'exprime! - NATION

  • 24/05/2021 à 14:15
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    les envahisseurs de la belgique sont subsidiés et aceuillis par les traitres  » bien pensants  » , soutenus par de politiciens crapuleux . Pour le reste : hervé fait une bonne analyse . Et c’est un secret public , que , une fois on a obtenu le brévet de candidat major , la voie pour une promotion est purement politique .

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    • 24/05/2021 à 15:15
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      Une sorte de grand remplacement …..ou encore ce que J.Raspail avait écrit dans son livre le Camp des Saints.

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  • 24/05/2021 à 16:02
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    Hervé a fort bien analysé la situation et je partage cette analyse qui me paraît exacte.
    En particulier il est vrai qu’un général ne sera jamais nommé s’il n’est pas membre d’un parti traditionnel idem pour les magistrats
    Éric

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  • 24/05/2021 à 16:49
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    Une armée est faite pour se battre et pour vaincre. Il y a belle lurette que l’Armée belge, multiculturelle et pluriethnique est plus proche d’une protection civile ou d’une ONG humaniste que d’un fer de lance destiné à combattre .

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  • 24/05/2021 à 18:16
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    J’ai personnellement connu Guy Coëme, ce personnage condamné avec les Guy Spitaels et Guy Mathot. Pour rappel « l’affaire des pots de vin pour le marché des hélicoptères Agusta ». Tous des socialistes comme par hasard. Pour ma part je trouve scandaleuse cette traque menée contre le militaire Belge Jürgen. La responsabilité de la sortie des armes incombe aux supérieurs et à la Ministre de nos armées. Je suis le fils d’un résistant armé (décoré officiellement) qui a pris des risques importants lors de la dernière guerre.

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