Explosion de la dette : le journaliste François Lenglet prévoie une catastrophe économique

A ceux qui prétendent que l’économie belge se porte bien et que les dépenses et dettes contingentes à la crise du coronavirus ne sont que de légères fluctuations qui seront résolues en un claquement de doigt, François Lenglet leur répond dans un livre paru chez Albin Michel intitulé : « Quoi qu’il en coûte ».

Depuis mars, 12 milliards d’euros ont été empruntés par l’Etat belge afin de sauver l’économie et soutenir les secteurs de l’Horeca, payer les chômages temporaires et les droits passerelles.

L’auteur affirme : « On emprunte justement à cette coopérative qui est l’argent de la banque centrale européenne. Certains disent qu’on ne remboursera pas mais pour moi, je crois que ça pourrait créer un désordre monétaire auquel on n’est pas du tout habitué. […] Quand l’excès de monnaie n’a pas aucun rapport avec la richesse, il y a des mouvements de panique de richesse vis-à-vis de la monnaie. Cela a été démontré au fil des siècles« .

Aujourd’hui, au deuxième semestre 2020, la dette publique de l’Etat belge est de 524 milliards d’euros, ce qui correspond à 115% du PIB.

En d’autre terme, lorsque vous mettez un enfant au monde, vous lui mettez une dette de 46 000€ sur la tête.

La dette n’est pas qu’une abstraction : c’est une somme d’argent qui a été empruntée par l’Etat (donc, indirectement : vous) et devra tôt ou tard être remboursée. François Lenglet se pose donc la question suivante : qui va payer cette dette ?

La Belgique n’est pas seule dans ce cas de figure. La plupart des états occidentaux sont endettés jusqu’au cou et sont tenus économiquement (donc : politiquement) par les banques. Les données suivantes datent de 2019, soit avant la crise du coronavirus :

Question : que se passe-t-il lorsqu’un créancier n’a plus confiance en son emprunteur et qu’il lui demande de rembourser une dette qu’il ne peut pas payer ?

Réponse : un Krach boursier, et quand on n’a pas de chance, une guerre de grande envergure.

Pour sortir de ce guêpier, la Banque Centrale Européenne propose de mettre en place l’Euro digital, c’est-à-dire une monnaie virtuelle (menant à terme à la disparition de l’argent liquide) et de collectiviser l’ensemble des capitaux disponibles dans la zone euro au sein d’un super-compte détenu par ladite BCE. Cet euro digital deviendra à terme la seule façon de payer vos courses, vos factures, d’acheter votre maison et de payer votre plombier. L’euro digital signifierait la mort de la propriété privée et la transparence totale de vos activités économiques aux yeux de l’Etat. Ce sont en tous cas des dérives à prévoir, car un tel système, même s’il est intéressant de prime abord, pourrait rapidement tourner en dérive totalitaire.

Alors que les commerçants et artisans de la classe moyenne sont en train de disparaître, creusant toujours le fossé entre prolétaires et bourgeois, rassurez-vous : certains parviennent à tirer leur épingle du jeu de cette crise du coronavirus. Ce rapport d’Oxfam cite des informations intéressantes, parmi lesquelles :

  • 400 millions de personnes ont perdu leur emploi depuis le début de la crise
  • les 25 milliardaires les plus riches de la planète ont vu leur richesse augmenter de 255 milliards de dollars en mars et mai
  • la fortune cumulée des milliardaires se montait à pas moins de 10.200 milliards de dollars, soit un nouveau record, au delà du pic de 2017

Car pendant que les commerces coulent, les actionnaires gros et gras continuent à se remplir la panse. Un aperçu de l’augmentation de la capitalisation boursière au premier semestre 2020

1. Amazon (commerce en ligne) // +401,1 milliards de dollars
2. Microsoft (informatique) // +269,9 milliards de dollars
3. Apple (informatique) // +219,1 milliards d’euros
4. Tesla (automobile) // +108,4 milliards d’euros
5. Tencent (jeux vidéo) // +93 milliards milliards d’euros
6. Facebook (réseau social) // +85,7 milliards d’euros
7. Nvidia (informatique) // +83,3 milliards d’euros
8. Alphabet (informatique) // +68,1 milliards d’euros
9. PayPal (paiement en ligne) // +65,4 milliards d’euros
10. T-Mobile (télécommunication) // +59,7 milliards d’euros
11. Pinduoduo (commerce en ligne) // +55,2 milliards d’euros
12. Netflix (plateforme de streaming) // +55,1 milliards d’euros
13. Meituan Dianping (commerce en ligne) // +53,6 milliards d’euros
14. Shopify (commerce en ligne) // + 51,4 milliards d’euros
15. Zoom vidéo (informatique) // +47,9 milliards d’euros
16. JD.com (commerce en ligne) // +44,3 milliards d’euros
17. Adobe (logiciels) // +40,1 milliards d’euros
18. Audi (automobile) // +37,8 milliards d’euros
19. AbbVie (informatique) // +37,7 milliards d’euros
20. Kweichow Moutai (boissons) // +35,5 milliards d’euros

Mais bon, n’oubliez pas que c’est la crise, que vous êtes des « sans dents » et que vos métiers sont inutiles.

Source : RTBF, Contrepoints, Novethic

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